|
Cible 4 : Eliminer les disparités entre les sexes dans les enseignements primaires et secondaires d’ici à 2005 si possible et à tous les niveaux d’enseignement en 2015 au plus tard.
De plus en plus, les politiques s’activent dans la promotion de l’égalité des sexes pour une pleine exploitation de la ressource humaine et un rééquilibrage des droits fondamentaux. L’adhésion à ces principes universels requiert au niveau de chaque région, une approche spécifique en adéquation aux phénomènes naturels d’inégalité à la naissance d’une part et aux us et coutumes de multiples tribus d’autre part.
Les différences de fréquentation des établissements d’enseignements entre garçons et filles sont assez perceptibles au Cameroun et trouvent une explication dans le fait que beaucoup de parents continuent de privilégier l’éducation des garçons pour des rasons culturelles et anthropologiques qui leur sont propres. Inverser cette tendance reste un défi majeur pour l’Etat qui doit mettre sur pieds des dispositions devant encourager les parents à accorder à leurs filles autant de chances qu’aux garçons en termes d’éducation.
L’indice de parité fille/garçon dans l’enseignement primaire au Cameroun s’est dans l’ensemble quasiment stabilisé entre 2001 et 2007. Ces valeurs extrêmes sont enregistrées dans l’Adamaoua, le Nord et le Sud-ouest. Au niveau national, la situation est de 95 filles inscrites pour 100 garçons.
Dans le secondaire, en plus de Douala et de Yaoundé, une région sur deux a connu une dégradation de l’indice de parité entre 2001 et 2007. Cette régression est plus prononcée dans l’Adamaoua et le centre. La répercussion au niveau national est perceptible. On note une chute de près de 9,5% de cet indice sur la période.
Il y a lieu de souligner également la bonne performance observée dans la région de l’Extrême-Nord où on note une variation positive de 35% de l’indice fille/garçon dans le secondaire entre 2001 et 2007.
Les efforts déployés par le Gouvernement à travers la sensibilisation des parents sur l’éducation de la jeune fille n’ont pas été fructueux, surtout dans la partie septentrionale du pays où on enregistre encore un niveau très élevé d’analphabétisme des jeunes filles de 15-24 ans par rapport aux garçons.
L’autonomisation des femmes passe naturellement par des emplois salariés dans tous les secteurs. En zone rurale, elles sont particulièrement occupées aux activités agricoles aux côtés des hommes. Lorsqu’on s’intéresse à celles qui sont salariées dans les secteurs secondaire et tertiaire, on compte 1 femme salariée sur 4 en 2001 et un peu moins en 2007. L’augmentation de la population féminine en âge de travailler et la stabilité de l’effectif des employées due aux difficultés d’embauche des jeunes sont sources de cette dégradation générale.
Sur tout autre plan, notamment celui de la politique, bien qu’on note quelques améliorations, une très faible représentation des femmes demeure perceptible. Cela se traduit au niveau des effectifs de l’Assemblée Nationale lors des deux dernières consultations électorales. Pour l’actuelle législature (2007-2012), on enregistre 25 femmes sur 180 députés soit une proportion de 13,9%. On note donc une amélioration de 4% entre les deux dernières consultations législatives. Les efforts déployés par ces dernières ont permis d’améliorer la représentativité des femmes passant de 5 ,2% à 10,6%. Si la tendance reste à la hausse, l’objectif d’égalité paraît réaliste dans l’enseignement primaire, probable dans le secondaire, incertain dans le supérieur et très éloigné en politique.
Source : Rapport national de progrès des OMD/INS/2008
|