Les leaders religieux équipés pour la prévention de la violence extrême dans la région de l’Extrême-Nord

22 sept. 2016

Depuis 2014 la crise sécuritaire dans la région de l'Extrême Nord du Cameroun a révélé au grand jour les vulnérabilités socioéconomiques et les pesanteurs culturelles qui sapent l’insertion des couches défavorisées, particulièrement les femmes et les jeunes. Ces fragilités sont sources de conflits et exposent les jeunes particulièrement à l’intolérance et à la violence extrême.

Afin d’appréhender les besoins précis de ces couches fragiles, le PNUD a organisé en 2015, des forums de dialogue  au cours desquels les besoins prioritaires des jeunes urbains et ruraux et ceux des femmes ont été identifiés et les axes du dialogue intercommunautaire et interreligieux ont été également tracés.

 

Dans la continuité de ces activités, un atelier de renforcement des capacités d’encadrement socioéconomique et de prévention de l’extrémisme violent par les leaders religieux dans la Région de l’Extrême-Nord a été organisé du 21 au 22 septembre 2016 à Maroua. 

L'objectif de cet atelier était de fournir aux leaders religieux des outils et techniques nécessaires pour leurs permettre de participer davantage aux actions de développement local en faveur des couches vulnérables et à la prévention de la violence extrême dans la Région de l’Extrême-Nord.

En effet, les chefs religieux sont proches des populations avec lesquelles ils vivent au quotidien. Ils disposent d’une autorité morale et d’une bonne connaissance des besoins socioéconomiques locaux. Certains animent des organisations caritatives, des structures d’encadrement socioéconomique, des écoles et centres de formation, des groupes de prédication, des centres de santé, etc. Leurs préoccupations sont donc aussi bien spirituelles que temporelles. Mais entre les religieux urbains et les religieux ruraux, entre les obédiences religieuses et entre les contrées, il y a des bonnes pratiques à partager, des limites à combler et des pistes à explorer en commun pour accroître la contribution des leaders religieux à la lutte que l’Etat et ses partenaires mènent contre les difficultés socioéconomiques des populations vulnérables. 

Durant ces deux jours d'atelier, les participants ont partagé leurs expériences sur les actions de développement, d’éducation et de formation mises en œuvre par les religieux au profit des jeunes et des femmes ; élaboré de nouvelles stratégies d’intervention et des mécanismes de participation plus accrue des leaders religieux aux efforts de promotion des jeunes et des femmes dans les zones fragiles. Ils ont également été outillés sur les formes que peut prendre l’extrémisme, les indicateurs de risques de radicalisation des jeunes et les moyens de les contenir.

Cette activité a été organisée dans le cadre du programme « cohésion sociale », mis en œuvre par le PNUD avec l’appui financier du Gouvernement du Japon. Il cible les Jeunes et les populations d’accueil dans trois départements, notamment le Mayo Sava, le Mayo Tsanaga et le Logone et Chari. Ils bénéficieront d’opportunités d’emplois humanitaires à cycle court, et de formations qualifiantes pour pouvoir créer de très petites entreprises et améliorer leurs revenus. Ce projet vise également le renforcement des capacités des acteurs sociaux sur leur apport à l’encadrement social des communautés et particulièrement des franges fragiles de la population.